Les incivilités aux éco-points auront-elles raison d’une politique de proximité en matière de gestion des déchets ?

Alors que la Municipalité de Villeneuve a décidé de supprimer la collecte du PET aux éco-points, le groupe PLR par la voix d'Isabelle del Rizzo, Conseillère communale, interpelle l'exécutif pour obtenir des réponses sur sa vision de la collecte des déchets, ainsi que sur les mesures de sensibilisation et de répression qui ont été mises en place avant de prendre cette lourde décision.

La collecte des bouteilles en PET dans les éco-points de Villeneuve ne permettrait plus de procéder à leur recyclage. En effet, trop de déchets qui n’ont rien à y faire atterrissent dans les conteneurs destinés uniquement aux emballages de cette matière. L’ensemble de ce qui est récupéré finit à l’incinérateur plutôt qu’au recyclage.

Conséquence : la perte financière, liée à l’absence des rétrocessions, pousse la commune à faire machine arrière et à retirer les collecteurs de cette matière dans les éco-points, les citoyens étant priés de ramener leurs emballages dans les points de vente.

Telle est l’annonce brutale au goût quelque peu amer faite par la Municipalité lors de la séance du conseil communal du 2 novembre dernier. Après les bennes à compost, c’est donc une autre filière de valorisation qui disparaît des centres de tri à proximité des lieux d’habitation des Villeneuvois.

Mais réduire l’offre de filières de recyclage permet-il de lutter efficacement contre les mauvais comportements, volontaires ou non, qui ont mené la municipalité à prendre cette décision? Il suffit d’observer certains éco-points que l’on qualifierait plus volontiers de dépotoirs à ciel ouvert pour en déduire que non. Il y a donc fort à parier que les déchets qui polluent actuellement la collecte du PET ne finissent par se reporter sur une autre filière tout aussi inadaptée. Cela ne fait que déplacer le problème.

Cette décision est difficilement acceptable pour la plupart des citoyens qui se prêtent quotidiennement aux règles du jeu du tri sélectif et qui se sentent punis en masse pour des contrevenants qui auraient pu être stoppés dans leur pratique. Les prestations offertes à la population sont diminuées, créant des difficultés supplémentaires pour recycler, et tout particulièrement pour les personnes âgées, non véhiculées ou handicapées. Parallèlement à ce constat, la taxe sur les déchets reste, pour l’heure, inchangée.

Le groupe Libéral-Radical demande donc à la Municipalité d’apporter des réponses aux questions suivantes :

  1. Quelles sont les mesures prises pour lutter efficacement contre les incivilités et autres fraudes liés à la gestion des déchets ?

  2. Sur une période d’une année, quel est le nombre de procédures lancées pour sanctionner les personnes ne respectant pas le tri des déchets ou effectuant des dépôts sauvages aux éco-points?

  3. Ces problèmes touchent-ils d’autres filières de valorisation ? Si oui, la Municipalité prévoit-elle aussi de les supprimer prochainement ? Ou recherche-t-elle au contraire d’autres filières de valorisation afin d’augmenter le revenu réalisé par le recyclage?

  4. Les commerces villeneuvois ont-ils été avertis d’un possible afflux supplémentaire de PET dans les points de collecte qu’ils proposent ?

  5. Quelles sont les mesures que la Municipalité compte mettre en place pour les personnes à mobilité réduite, afin qu’elles continuent à trier leurs déchets?

  6. La taxe d’élimination des déchets sera-t-elle diminuée en adéquation avec la réduction des possibilités de collecte ?

Nous remercions par avance la Municipalité pour ses réponses écrites.


Interpellation déposée au Conseil communal de Villeneuve le 7 décembre 2017 par Isabelle del Rizzo, au nom du groupe PLR.